Les colonies d’insectes sont-elles des super-organismes ?
Une récente étude de l’Université de Floride suggère que les insectes sociaux vivent dans une sorte de "super-organisme" en terme de physiologie et de cycles biologiques. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont comparé les modèles mathématiques de croissance, de reproduction et de cycles biologiques d’organismes individuels parmi 168 espèces d’insectes sociaux, et les ont comparés aux modèles prédisant l’évolution de leurs colonies.
Leurs résultats, publiés dans Proceedings of the National Academy of Sciences, montrent qu’en définitive, si l’on considère la colonie comme un super-individu, il n’est pas possible de distinguer parmi toutes ces prévisions des différences spécifiques aux membres de la colonie. Pour ces entomologistes, une telle conclusion pourrait bien ré-orienter les axes de recherche actuellement menés en la matière.
D’autres modèles s’opposent à cette vision des choses. Les fourmis, notamment, sont connues pour leur activité individuelle parfois anarchique, mais noyée dans un ensemble plus cohérent. Un tiers des membres d’une colonie agissent ainsi de manière altruiste, un autre tiers ont un comportement plutôt négatif sur la colonie, et un dernier tiers enfin n’ont aucun comportement utile à la colonie.
Si le modèle du super-organisme venait à se confirmer chez les insectes sociaux, il rouvrirait également d’autres discussions pour d’autres espèces sociales. Une telle hypothèse pourrait bien ranimer de vieux débats sur nos sociétés humaines.
Sources : NewScientist.com