Le méthane martien ne provient pas de météorites
Des chercheurs de l’Imperial College de Londres démontrent, dans un article publié dans Earth and Planetary Science Letters, que les volumes de méthane issus de météorites tombées dans l’atmosphère martien sont trop faibles pour maintenir les niveaux actuels à la surface de la planète rouge. Est-ce une preuve d’activité biologique ? Pas pour autant.
Le méthane (CH4) est la molécule organique la plus simple à définir (puisqu’une molécule dite organique contient toujours des liaisons de type C-H). Ce gaz à effet de serre est présent sur Terre comme sur d’autres planètes, comme Pluton ou encore Mars. Dans le cas de la planète rouge, la présence de ce gaz à sa surface est souvent expliqué par la chute de météores. Mais les planétologues britanniques apportent, pour leur part, des données expérimentales contredisant cette théorie.
Pour évaluer la quantité de méthane délivrée par des météorites, l’équipe a reproduit expérimentalement l’échauffement de fragments d’astéroïdes à 1000°C, des conditions similaires à leur traversée de l’atmosphère martienne. Ils ont ensuite mesuré les gaz qui s’en échappaient à l’aide d’un faisceau infrarouge. En combinant ce résultat avec le taux de météorites qui s’écrasent sur Mars, les scientifiques ont défini la quantité de méthane ainsi rejetée. Leurs résultats indiquent que seulement 1 à 3 ppm [1] du méthane martien provient des météorites. Une part pour le moins insignifiante.
D’où peut donc provenir le méthane martien ? Si la piste d’une activité biologique est tentante, il ne faut pas négliger pour autant d’autres options, notamment les réactions géochimiques entre l’eau et les roches martiennes, scénario plus crédible au vu des connaissances actuelles.

Crédit : NASA, ESA, the Hubble Heritage Team (STScI/AURA), J. Bell (Cornell
University), and M. Wolff (Space Science Institute, Boulder)