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La vitamine C dans le traitement des tumeurs

Publié le jeudi 4 septembre 2008.  partager

Des chercheurs américains sont parvenus à endiguer la croissance de tumeurs cancéreuses en injectant de fortes doses de vitamine C à des souris de laboratoire. Ce traitement, considéré comme inefficace jusqu’à présent, revient donc dans le débat médical en apportant des résultats nouveaux et encourageants aux partisans de l’acide ascorbique.

A la fin des années 1970, différents chercheurs émirent l’hypothèse que des doses élevées de vitamine C pouvaient aider les patients à lutter contre le cancer. Au cours du débat qui s’en suivit, différents essais cliniques furent menés entre 1979 et 1985 à Rochester (Minnesota), mais sans succès. Par conséquent, l’idée fut progressivement abandonnée par la communauté scientifique.

Près d’un quart de siècle plus tard, Mark Levine, médecin et biologiste cellulaire au National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (Bethesda, Maryland), décide de réhabiliter la vitamine C en cancérologie et se penche à nouveau sur ces études cliniques. Notant que tous les patients avaient reçu une dose limitée d’acide ascorbique prise par voie orale, il remarqua que l’intestin, en absorbant une part des vitamines, avait probablement réduit l’efficacité du traitement administré.

Afin de tester cette hypothèse, Levine et son équipe ont administré de fortes doses de vitamines C à des tumeurs cancéreuses. Tout d’abord, ils cultivèrent 43 types de cellules cancéreuses et 5 souches cellulaires saines dans un milieu nutritif contenant de la vitamine C. Pour 75% des types tumoraux, une dose inférieure à 10 mM d’acide ascorbique détruit la moitié des cellules cancéreuses, alors que le traitement préserve les cellules saines.

Dans un second temps, les chercheurs ont implanté chez des souris de laboratoire des cellules cancéreuses du pancréas, des poumons et du cerveau. Cette technique, courante en cancérologie, permet d’obtenir des modèles tumoraux murins exploitables par les scientifiques. Levine et ses collègues ont ensuite injecté des doses de vitamine C chez la moitié de ces rongeurs, dans des quantités suffisantes afin que la concentration tissulaire approche les 10 mM. Les souris ainsi traitées présentaient un important retard dans la croissance de leurs tumeurs, de 41 % à 50% par rapport aux tumeurs de souris non-traitées. Un résultat pour le moins encourageant.

Chez l’Homme, la concentration d’acide ascorbique dans les fluides extra-cellulaires atteint au maximum les 0,2 mM. Des injections peuvent cependant engendrer des effets secondaires indésirables, et sont donc sujettes à précaution. Mais Levine note dans la littérature que des injections d’acide ascorbique en solution ont déjà été réalisées, dépassant des teneurs de 10 mM dans le sang, avec peu d’effets secondaires observés. Levine suppose qu’une dose massive d’acide ascorbique entraîne une forte production intracellulaire de peroxyde d’hydrogène. Les cellules saines ont à leur disposition les enzymes nécessaires à leur détoxification. Mais certaines cellules cancéreuses ont perdu ces voies enzymatiques et meurent lorsque la concentration de peroxyde d’hydrogène devient critique. Etant donné que ce traitement provoque un stress cellulaire général, les doses injectables aux patients devront permettre d’équilibrer efficacité du traitement et réduction des effets secondaires non-désirés.

Il semblerait donc que les résultats obtenus par Levine et ses collaborateurs sur le modèle murin ouvrent la voie à un nouveau traitement anti-tumoral, comme le concluent ces chercheurs dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Ces résultats n’ont pas manqué d’agiter à nouveau la communauté médicale. Chi Dang, un cancérologue ayant déjà mené des travaux similaires à l’Université Johns Hopkins (Baltimore), y voit une réhabilitation de la vitamine C comme agent anti-cancéreux. Mais Stephen Barret, responsable du site Quackwatch (site dénonçant le charlatanisme médical), reste sceptique sur de tels traitements, espérant qu’à l’avenir, ces résultats sortis de leur contexte ne servent pas de prétexte aux marchands de fausse médecine pour prescrire de dangereuses injections intraveineuses de vitamine C …

G. Calu


 

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