Un nouveau modèle climatique donne un réchauffement brutal dès 2009
Des chercheurs anglais ont amélioré récemment les performances des modèles climatiques en y ajoutant des observations récentes sur l’état actuel des océans et de l’atmosphère.
Leur système de prédiction climatique est capable d’inclure des variables naturelles comme la température à la surface des océans ou la circulation des courants océaniques, alors que les modèles classiques se basent sur d’autres variables comme la radiation solaire et le taux de gaz à effets de serre, mais se concentrent moins sur les variables océaniques et atmosphériques. Les chercheurs ont éprouvé la validité de leur modèle en le testant sur les données obtenues entre 1982 et 2001. Le nouveau modèle baptisé Decadal Climate Prediction System (DePreSys) a alors reproduit les tendances déjà connues avec 50% de précision supplémentaire par rapport aux autres modèles climatiques. L’équipe rapporte ces résultats cette semaine dans la revue Science [1].
Si ce modèle est correct, leur simulation sur la tranche 2005-2014 permet de constater que les effets du réchauffement climatique ont été jusqu’à présent compensés par des phénomènes naturels, comme le refroidissement dans une partie du Pacifique et la résistance au réchauffement de l’océan Arctique. Mais à partir de 2009, les températures devraient s’élever brutalement.

Le nouveau modèle DePreSys (en rouge) comparé au modèle NoAssim (bleu) et aux observations terrain (noir).
Crédits : Science (2007)
Cette prévision génère cependant une barre d’erreur non négligeable pour les températures prédites entre 2005 et 2014, mais Doug Smith, climatologue au UK Met Office’s Hadley Centre de Exeter (UK) et responsable de cette étude se montre confiant, rappelant que le modèle gagne en précision sur la période 1982-2001.
De nombreux modélisateurs ont salué avec enthousiasme cette étude. « C’est une étude exceptionnelle, et conceptuellement un grand saut en avant » déclare Jochem Marotzke, Directeur au Max Planck Institute for Meteorology de Hambourg (Allemagne). « Le point principal (de cette étude) est que nous avons maintenant un concept convainquant pour combiner des observations et des modèles. Ce ne peut pas être le dernier mot, mais il montre que des prévisions décades concrètes sont possibles. »
Peut-on cependant faire mieux ? Fortunat Joos, de l’Université de Berne (Suisse), pense que la méthode pourrait être améliorée en mélangeant modélisation climatique et prédictions météorologiques saisonnières. De plus, il note que les effets des éruptions volcaniques, refroidissant localement voire globalement le climat sont encore imprévisibles et restent un point d’ombre dans les modèles climatiques.
[1] Smith, D et al. Science 317, 796-799 (2007).