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Saumons transgéniques et risques sur les populations sauvages : une étude relance le débat

Publié le mardi 13 mars 2007.  FAQ de la FDA sur les poissons transgéniques partager

L’impact des saumons transgéniques échappés de bassins piscicoles sur les populations sauvages fait encore débat. La semaine dernière, des chercheurs canadiens du Center for Aquaculture and Environnemental Research de Vancouver (Canada) ont publié dans les PNAS [1] une nouvelle étude, comparant la croissance et la prédation exercée de saumons transgéniques et sauvages, en élevage piscicole ou dans un environnement de rivière reconstitué en laboratoire. Leurs résultats semblent tempérer les alarmes des conservationistes. Le saumon transgénique a-t-il donc vraiment une influence sur la survie des populations naturelles ? La question est encore loin d’être tranchée.

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Deux saumons Coho d’élevage d’un an : le transgénique est en haut, celui du bas est sauvage.
Credits : Robert H. Devlin/Fisheries and Oceans Canada

En 1996, la société Aqua Bounty Farms Inc. (ABF Inc.) dépose un brevet pour un saumon transgénique : doté du gène de l’hormone de croissance du saumon Chinook du Pacifique muni d’un promoteur de protéine anti-gel de flétan, ce saumon (Salmo solar) transgénique est capable de produire une hormone de croissance tout au long de l’année, alors que l’expression de gènes d’hormone de croissance est normalement réduite chez cette espèce en hiver. Les saumons transgéniques ainsi obtenus grandissent 4 à 6 fois plus vite que les sauvages et atteignent en 1 an et demi leur taille de commercialisation, contre un délais précédent de 2 à 3 ans.

Pour ces animaux génétiquement modifiés, l’élevage dans des parcs en pleine mer comporte un risque d’échappée non négligeable [2]. En effet, il est impossible d’élever des poissons dans des fermes aquacoles en mer ou en rivière sans que certains individus ne s’en échappent. Pour répondre au risque de dissémination de saumons transgéniques et à leurs conséquences sur les populations sauvages, la solution retenue par la FDA et envisagée par l’ABF Inc. consiste à garder les reproducteurs dans des fermes isolées dans les terres, et de traiter par choc hyperbare les œufs obtenus, afin de les rendre triploïdes et donc stériles. Seuls les poissons issus de ces œufs sont ensuite élevés dans les parcs ouverts. Ce traitement n’est cependant efficace qu’à 98-99%. Reste donc un risque de dissémination des 1-2% encore fertiles.

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Saumon quinnat en enclos marin
Sources / Crédits : Pêches et Océans Canada

En 1999, deux généticiens publient dans les PNAS [3] les résultats d’un modèle informatique simulant l’effet de la fuite de quelques medekas transgéniques (sur-exprimant un gène d’hormone de croissance) sur les populations sauvages, dans un rapport d’un poisson GM pour 1000 sauvages. Supposant que le transgène induit un désavantage adaptatif mais confère un avantage reproductif, les chercheurs estimèrent à partir de leur modèle que la population sauvage disparaîtrait au bout de 40 générations. Ce modèle, pourtant limité à une espèce particulière dans des hypothèses et conditions précises, déclencha une large polémique sur l’impact des saumons transgéniques une fois échappés dans la nature. De manière générale, les questions soulevées restaient alors sans réponses concrètes : les saumons transgéniques auraient-ils un avantage reproductif sur leurs congénères sauvages ? Seraient-ils plus voraces ? Ou bien leur grande taille les rendraient-ils plus sensibles à la pression des prédateurs ? La génétique des populations ichtyologiques manque cruellement d’éléments d’appréciation afin de répondre à ces questions environnementales préoccupantes.

Une meilleure évaluation de ces risques devenant indispensable, des scientifiques canadiens se sont intéressés au saumon transgénique Coho du Pacifique, chez lequel fut inséré une copie de son gène de croissance muni d’un promoteur fort. Ce saumon transgénique, également breveté, sert d’objet d’étude pour évaluer les risques environnementaux engendrés par les poissons GM. Reproduisant en laboratoire une portion de rivière de 5 mètres sur 1 mètre, les chercheurs ont suivi la croissance de ces saumons transgéniques et celle de saumons sauvages, et ont comparé ces données à la croissance des deux poissons en élevage piscicole. Dans les élevages, les transgéniques sont trois fois plus longs que les sauvages et exercent une meilleure prédation sur les proies fournies. Par contre, dans un environnement de rivière reconstitué, les transgéniques sont seulement 20% plus longs que les sauvages, et exercent une prédation moins importante qu’en élevage.

Ces résultats montrent que les interactions entre le génotype et l’environnement peuvent influencer le phénotype d’organismes sauvages comme transgéniques. Cependant, l’extrapolation de ces données obtenues en élevage et en laboratoire peuvent conduire à une mauvaise estimation des conséquences de l’échappée de saumons transgéniques dans la nature. D’autres données seront donc nécessaires avant de conclure sur le risque environnemental réel lié aux saumons transgéniques échappés.

[1] Sundström L.F., Lõhmus M., Tymchuk W.E. and Devlin R.H. (2007). Gene-environment interactions influence ecological consequences of transgenic animals. PNAS, 96(24).

[2] Philipon P. Poissons transgéniques : du plomb dans l’aile. (2002). La Recherche. Vol. 355. pp. 88-89.

[3] Muir W.M. & Howard R.D. (1999). Possible ecological risks of transgenic organism release when transgenes affect mating success : Sexual selection and the Trojan gene hypothesis. PNAS, 96(24).


 

Commentaires
Caro_cool
Posté le 12 février 2009
#804 Saumons transgéniques et risques sur les populations sauvages : une étude relance le débat

Comment se nomme l’hormone de croissance que les saumons sont victimes d’avoir ??

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