Les produits issus d’animaux clonés bientôt en vente aux Etats-Unis ?

La vache "L1 Dominette 01449" dont le génome est en cours de séquençage, et son veau.
Crédits : genome.gov
Les Etats-Unis pourraient bien autoriser d’ici la fin de l’année la commercialisation de produits issus d’animaux clonés, levant ainsi un moratoire national en vigueur depuis 2001. En effet, dans un rapport publié jeudi 28 décembre 2006, la FDA [1] conclue sur l’absence de différences entre produits issus de vaches, porcs et chèvres clonés et ceux issus d’élevages classiques (Rudenko L., Matheson J. C., et al., 2007). Ce rapport, qui vient rejoindre l’avis de l’Académie Américaine des Sciences (2002), sera suivi d’une consultation publique durant 90 jours, avant que la mise sur le marché ne devienne officielle (ces étapes seraient prévues pour la fin 2007).
Le clonage animal reste encore une technologie onéreuse et délicate à mettre en œuvre. Actuellement, le cheptel américain d’animaux clonés compte 600 vaches et 200 porcs. Le coût de production d’un animal cloné est de 15.000 €. Il ne s’agit donc pas de consommer directement ces animaux issus du génie génétique mais leurs descendants. Les arguments agro-alimentaires en faveur du clonage animal sont nombreux : l’obtention d’animaux GM permet d’insérer des gènes de résistance contre les maladies animales, d’améliorer leur production ou bien encore d’obtenir des alicaments. De nombreuses entreprises de biotechnologies se sont déjà lancées dans ce marché, et l’autorisation de commercialisation américaine pourrait également inciter d’autres pays à emboîter le pas.
Cependant, si les données organoleptiques effectuées sur le lait ou la viande, comme par exemple chez les vaches clonées ou non (Tian et al., 2005) ne montrent pas de différences significatives, le clonage peut entraîner des malformations ou des maladies parfois létales chez les animaux : lors de travaux français sur le clonage de vaches, les généticiens de l’INRA ont mis en évidence l’apparition de malformations cardio-vasculaires ou du système immunitaire chez de jeunes veaux ainsi obtenus (Jones, 1999). Des études sur plusieurs générations d’animaux issus de parents clonés sont nécessaires afin de mieux appréhender les risques du clonage sur la santé et le bien-être des animaux ainsi que sur le maintient de la qualité de leurs produits. L’INRA travaille également sur les risques liés à la consommation de produits issus d’animaux clonés et sur l’éthique de ces manipulations génétiques (Voir en ligne).
Enfin, le consommateur américain reste réticent face à ces nouveaux produits. Selon le journal Nature, l’opinion public y serait majoritairement opposé, jetant un doute sur leur succès commercial. L’importation de produits issus d’animaux clonés sera également soumise à autorisation en Europe. En France, l’Afssa [2] se range à l’avis des experts internationaux, mais préconise un suivi sur le long terme des troupeaux d’animaux clonés et de leurs descendants, afin d’être en mesure de mieux discerner les éventuels effets secondaires du clonage sur plusieurs générations.
Sources :
Jones J. (1999) BMJ. 318(7193) : 1230. [ En ligne ]
LeMonde.fr (29/12/06) : Les Etats-Unis pourraient autoriser la vente de produits issus d’animaux clonés. [ En ligne ]
Rudenko L., Matheson J. C., et al. (2007) Theriogenology, 67. 198 - 206.
Tian, Kubota C., Sakashita K. et al. (2005). Proc Natl Acad Sci USA. May 3 ; 102(18) : 6261–6266 [ En ligne ]
[1] Food and Drug Administration
[2] Agence française sur la sécurité sanitaire des aliments