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Géosciences
Rapport GIEC : l’activité humaine mise en cause dans le réchauffement climatique

Publié le vendredi 16 mars 2007. 

Les scientifiques du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) réunis à Paris du 29 janvier au 1er février 2007 rendirent à l’attention des décideurs et du grand public leur premier rapport officiel sur les quatre programmés au cours de l’année 2007. Ce premier rapport, rédigé par le groupe I de travail concerne « les bases scientifiques physiques du changement climatique ». Ce document, disponible sur le site officiel du GIEC, est construit sur la base des évaluations précédemment publiées dans le 3ème rapport du GIEC (2001) et incorpore les nouveaux résultats issus des six dernières années de recherche. Ses conclusions, particulièrement alarmantes, montrent avec un très haut degré de confiance que les activités humaines depuis 1750 sont en grande partie responsables du réchauffement climatique actuel. Dans cette brève, nous vous proposons de revenir sur les points forts de ce document de synthèse sur le changement climatique.

Principale mise en cause soulignée par ce rapport, les changements des teneurs de l’atmosphère en gaz à effet de serre (GES) et en aérosols, altérant le bilan énergétique du système climatique. Le forçage radiatif résultant de l’activité humaine est ainsi estimé à +1,6 (fourchette de +0,6 à +2,4) W.m-2, avec une certitude d’au moins 9 chances sur 10 d’être correct). Cette valeur-clé permet de modéliser l’impact anthropique sur le réchauffement climatique à la surface de la planète. Parmi les GES responsables de cette hausse, le CO2 reste le plus important, avec une concentration mondiale atmosphérique ayant cru de 280 ppm durant la période pré-industrielle à 379 ppm en 2005. Un record sur les 650.000 dernières années, comme l’ont montré les carottages de glace réalisés par les paléoclimatologues. L’accroissement annuel de CO2 ne cesse de s’emballer, avec une hausse moyenne de 1,9 ppm / an pour la période 1995-2005 contre 1,4 ppm/an en moyenne entre 1965-2005. De même, les concentrations de méthane atteignent des taux records (1774 ppb en 2005, contre une variation naturelle de 320 à 790 ppb sur les 650.000 dernières années). Principaux responsables de ces augmentations : l’utilisation d’énergies fossiles et les activités agricoles.

Par ailleurs, depuis le 3ème rapport, l’amélioration des données satellitaires et l’utilisation d’une plus grande variété de mesures ont permis de mieux dégager de ce bilan les différentes contributions anthropiques ou naturelles. Les conséquences principales de ces forçages mis en évidence par le GIEC sont l’accroissement des températures moyennes mondiales de l’atmosphère et de l’océan, la fonte généralisée de la neige et des glaciers, et l’élévation du niveau moyen mondial de la mer.

Les auteurs du rapport soulignent que le réchauffement climatique est sans équivoques : il est maintenant évident que les températures moyennes enregistrées à la surface de la Terre et dans les océans augmentent. Les experts estiment cette hausse à 3°c en moyenne d’ici la fin du siècle. Les conséquences de cette montée des températures se font déjà ressentir : fonte des glaciers, hausse du niveau des océans, perturbations climatiques …

Le niveau moyen de la mer s’est déjà accru à une vitesse moyenne de 1,8 mm par an entre 1963 et 2003, avec une accélération de la tendance au cours des 10 dernières années de cette période. Reste cependant à savoir si cet emballement de la hausse des niveaux marins correspond à une variation décennale ou à un véritable accroissement de la tendance. D’ici la fin du siècle, le niveau mondial des océans pourrait bien augmenter de 19 cm à 58 cm !

La fonte des glaces a été mise en évidence par des données satellitaires collectées depuis 1978 : les auteurs du rapport soulignent ainsi que l’étendue annuelle de la glace arctique a rétréci de 2,7 % par décennie. Les températures au sommet de la couche de pergélisol sont en augmentation, et la surface maximale de l’étendue saisonnière des terres gelées a chuté d’environ 7% dans l’hémisphère nord depuis 1900, avec des pointes jusqu’à 15% au printemps !

Concernant les modifications climatiques, des sécheresses plus sévères et plus longues affectent depuis plus de trente ans les régions tropicales et sub-tropicales. A l’origine de ce phénomène, des températures plus élevées et des précipitations plus faibles sont mises en avant dans les régions concernées. De plus, comme l’avaient fait pressentir les derniers cyclones dévastateurs, l’Atlantique Nord a été le siège d’une augmentation de l’activité des cyclones tropicaux depuis 1970.

Grâce à des études paléoclimatiques, les rapporteurs confirment que le réchauffement climatique du dernier demi-siècle est bien atypique, et ce sur au moins les 1300 dernières années. La dernière hausse importante de la température au niveau des régions polaires (supérieure à la hausse actuelle) remonte ainsi à 125000 ans ! Cet épisode avait conduit à une élévation du niveau des mers de 4 à 6 mètres, laissant sur de nombreuses côtes les reliques de plages fossiles.

Le rapport GIEC conclue en pointant une fois de plus la part de l’activité humaine dans ces changements climatiques. En effet, les experts estiment que l’essentiel de l’accroissement observé de la température moyenne globale depuis le milieu du 20ème siècle est très vraisemblablement (>90% de chances) dû à l’augmentation observée des gaz à effet de serre anthropiques. Ces changements viennent perturber de plein fouet la biosphère : dans un second rapport qui sera rendu public le mois prochain, les experts du GIEC mettent en évidence les effets dramatiques observés sur les écosystèmes : disparition d’espèces, modification des biotopes, acidification des océans … Mais également propagation des maladies tropicales (comme le paludisme) et expansion des allergènes. Un second rapport (sur quatre prévus au final) qui viendra souligner de manière préoccupante les bouleversements majeurs liés au réchauffement climatique …

Brève proposée par A. Lerouxel et G. Calu


 

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