Le cauchemar des vautours continue
En août dernier, le diclofénac, médicament utilisé dans l’élevage bovin, était banni d’Inde et du Népal. Dans le sud de l’Afrique, les Vautours chassefiante (Gyps coprotheres) consommant des carcasses de bovins s’empoisonnaient en masse en consommant des carcasses de vaches ayant reçu ce médicament, entraînant une chute des populations de ces oiseaux de plus de 90%. Mais les vautours percnoptères égyptiens (Neophron percnopterus) et royaux (Sarcogyps calvus) continuent à mourir dans ces régions asiatiques, victimes de symptômes similaires. Les conservateurs de la nature suspectent aussi un empoisonnement au diclofénac, malgré son interdiction.
En interrogeant les vétérinaires et les zoos à travers le monde, la Royal Society pour la Protection des Oiseaux a découvert que le meloxicam, un médicament mis en avant pour remplacer le diclofénac, est sans danger pour de nombreux oiseaux. Une solution d’espoir afin de pouvoir concilier pratiques vétérinaires et protection des espèces sauvages.
Cependant, la problématique des médicaments mortels pour les oiseaux charognards est loin d’être close : le flunixine et le carprofène, utilisés pour le bétail en Europe, sont également responsables d’une mortalité chez les rapaces comme les vautours ou les aigles. L’ibuprofène et le phenylbutazone pourraient également présenter un risque. En Afrique du Sud, enfin, la situation risque de devenir critique pour les rapaces charognards, depuis que les éleveurs ont pris l’habitude de laisser aux vautours les carcasses de bovins ... Traités ou non au diclofénac.