Des physiciens recréent des boules de foudre en laboratoire
Les boules de foudre, mystérieuses sphères lumineuses qui apparaissent parfois lors d’orages, viennent d’être recréées pour la première fois en laboratoire.
Le phénomène de la foudre en boule intrigue les scientifiques depuis des siècles et de nombreux personnages aussi célèbres que Charlemagne, Henri II ou encore le physicien Niels Bohr rapportent l’avoir observé. Cependant, peu de témoignages fiables ont réellement pu être recueillis à propos de ce phénomène.
Mais des chercheurs allemand du Max Planck Institute sont parvenus à créer un plasma lumineux en laboratoire censé évoquer les fameuses boules lumineuses : voir la vidéo. Pour se faire, les physiciens ont injecté des décharges électriques de 5000 volts dans l’eau, ionisant les molécules d’eau et créant une boule de plasma lumineux durant 0,3 secondes.

Boule de plasma obtenue lors de l’expérience
Crédits : Max Planck Institute for Plasma Physics
Ces phénomènes naturels très rares sont décrits comme des sphères changeant de couleur, durant quelques secondes, voire quelques minutes. De nombreux scientifiques supposent que les boules de foudre correspondent à la foudre venant frapper le sol, éjectant de fines nano-particules de sable dans l’atmosphère. Pour John Abrahamson, chercheur néo-zélandais à l’origine de cette théorie, les résultats obtenus par les physiciens allemands seraient certainement dus à la vaporisation de particules métalliques de l’électrode lors des décharges électriques. Gerd Fussmann, ayant mené l’expérience au Max Planck Institute, réfute cependant cette hypothèse, argumentant que les nuages contiennent bien de l’oxygène et de l’hydrogène ionisés, et que les traces d’autres éléments comme le cuivre sont négligeables.
Ces résultats ont d’ores et déjà suscité l’intérêt d’autres physiciens : Eli Jerby, de l’Université de Tel Aviv (Israël), qui avait déjà obtenu des boules de plasma par injection de micro-ondes, juge ces résultats originaux, mais nécessitant de nouvelles expériences afin de mieux évaluer leur importance.
Brève proposée par G. Calu et A. Lerouxel